L’écoute est le fondement de notre travail. Nous proposons des groupes de parole où les victimes de violences sexuelles et leur entourage peuvent s’exprimer librement, sans jugement, et trouver un espace sécurisé pour libérer leur parole. Chaque personne mérite d’être entendue, respectée et soutenue dans son cheminement personel. Notre approche est centrée sur l’empathie, la compréhension et le soutien, afin d’accompagner chaque individu vers la reconstruction.
Nous menons des actions de sensibilisation pour prévenir les violences sexuelles avant qu’elles ne se produisent. Nos journées de sensibilisation sont destinées à informer et à éduquer le grand public sur les réalités des violences sexuelles, sur les comportements à adopter pour les prévenir et sur les ressources disponibles en cas de besoin. Nous intervenons également dans des lieux où la jeunesse est présente, tels que les établissements scolaires et les festivals (Hellfest, la 7ème Vague, Les feux de l’été, In your face…), pour toucher un large public et diffuser un message de prévention puissant.
Afin de nourrir la réflexion collective et d’encourager le débat public, nous organisons des ciné-débat autour de films et documentaires sur le thème des violences sexuelles. Ces projections permettent de mettre en lumière la réalité de ces violences tout en ouvrant l’espace à des échanges constructifs entre les participants, permettant ainsi une prise de conscience collective.
La prévention passe aussi par la formation des professionnels. C’est pourquoi nous proposons des formations spécifiques aux acteurs sociaux, éducatifs, médicaux et judiciaires afin qu’ils puissent repérer, comprendre et répondre de manière appropriée aux violences sexuelles. L’objectif est d’améliorer leur réactivité et leur efficacité face à ces situations complexes, tout en favorisant un environnement professionnel capable d’offrir un soutien optimal aux victimes.
D’après les sources officielles de la Commission Indépendante sur l’Inceste et les Violences Sexuelles faites aux Enfants (CIIVISE) et les données de l’Institut National d’Études Démographiques (INED) via l’enquête Virage, voici les chiffres détaillés concernant les victimes de violences sexuelles en France.
Ces chiffres ne reflètent qu’une partie de la réalité, puisque de nombreuses personnes n’ont pas porté plainte ou restent aujourd’hui encore dans l’amnésie liée au traumatisme.
Selon l’enquête Virage (Violences et rapports de genre) réalisée par l’INED en 2015, une femme sur sept (14,5%) âgée de 20 à 69 ans déclare avoir vécu au moins une forme d’agression sexuelle au cours de sa vie. Ces agressions comprennent les attouchements, baisers forcés, frottements et pelotages.
Plus spécifiquement, 4% des femmes déclarent avoir subi un viol ou une tentative de viol au cours de leur vie. Chaque année, on estime à 62 000 le nombre de femmes de 20 à 69 ans victimes d’au moins un viol ou une tentative de viol, et à 553 000 le nombre de femmes victimes d’autres formes d’agressions sexuelles annuellement.
Les violences sexuelles touchent les femmes tout au long de leur vie : parmi celles qui ont subi des viols et tentatives de viol, 40% les ont vécus dans l’enfance (avant 15 ans), 16% pendant l’adolescence et 44% après 18 ans.
L’enquête Virage révèle qu’un homme sur vingt-cinq (3,9%) âgé de 20 à 69 ans déclare avoir vécu au moins une forme d’agression sexuelle au cours de sa vie. Moins de 1% des hommes déclarent avoir subi un viol ou une tentative de viol.
Chaque année, environ 2 700 hommes de 20 à 69 ans sont victimes d’au moins un viol ou une tentative de viol, et 185 000 hommes subissent d’autres formes d’agressions sexuelles.
Une caractéristique essentielle distingue les hommes des femmes : les trois quarts des viols et tentatives de viol subis par les hommes l’ont été avant 18 ans. Les violences sexuelles sur les hommes se concentrent donc principalement durant l’enfance et l’adolescence.
Selon les données de la CIIVISE, 5,4 millions de femmes et d’hommes adultes en France ont été victimes de violences sexuelles durant leur enfance. Cela représente environ une personne sur dix dans la population adulte.
Chaque année, 160 000 enfants sont victimes de violences sexuelles en France, soit un enfant toutes les 3 minutes. En 2024, les forces de sécurité ont enregistré 71 100 enfants mineurs victimes de violences sexuelles, représentant 58% de l’ensemble des victimes de violences sexuelles enregistrées.
L’enquête Virage montre que durant l’enfance et l’adolescence (avant 18 ans), 4% des femmes ont déclaré avoir subi des attouchements des seins, des fesses ou des baisers forcés, contre 0,4% des hommes. Les viols et tentatives de viol avant 18 ans ont été déclarés par 1,5% des femmes et 0,3% des hommes.
La CIIVISE établit que 81% des agresseurs sont au sein de la famille pour les violences sur enfants. L’enquête Virage confirme ce constat : pour les femmes victimes de viols et tentatives de viol, trois sur quatre ont vécu ces violences au sein de l’espace privé, c’est-à-dire dans les relations avec la famille, les proches, les conjoints et ex-conjoints.
Dans le cadre familial ou de l’entourage proche, 5% des femmes ont subi au moins une agression sexuelle depuis leur enfance et 2% au moins un viol ou une tentative de viol. Les auteurs de violences sexuelles sont quasi-exclusivement des hommes de la famille (pères, frères, oncles, grands-pères, beaux-pères) ou proches de la famille.
En 2024, les services de police et de gendarmerie ont enregistré 122 600 victimes de violences sexuelles, en hausse de 7% par rapport à 2023. Parmi ces victimes, 85% sont des femmes et 58% sont mineures.
Cette augmentation reflète en partie une libération de la parole et une amélioration des conditions d’accueil des victimes par les services de sécurité, mais ne représente qu’une fraction des violences réellement subies. Seule une minorité des victimes porte plainte : seulement 6% des femmes victimes de violences sexuelles physiques déclarent avoir porté plainte.
Les violences sexuelles ont des conséquences profondes et durables. L’enquête Virage établit que les femmes confrontées à des violences sexuelles sont en moins bonne santé que les hommes ayant connu des faits similaires. La santé mentale est particulièrement affectée, avec une forte corrélation entre violences sexuelles et dépression, pensées suicidaires et troubles divers.
Pour les femmes, ces violences s’inscrivent dans un continuum de violences tout au long de leur vie et dans différentes sphères, affectant durablement leurs parcours affectifs, conjugaux et professionnels. Pour les hommes, les violences se concentrent davantage sur la période avant 18 ans et sont généralement décrites comme des faits plus isolés.